Soline Garry: tracer des mondes à l’encre
- Anne-Gaël Gauducheau
- 9 avr.
- 2 min de lecture

Il y a des artistes qui illustrent, et puis il y a celles qui invoquent.
Soline Garry fait partie de cette seconde famille : celles qui ouvrent des paysages intérieurs, peuplés de mythes, d’animaux, de corps et de forces invisibles.
Cette année, c’est elle qui signe le dessin original de l’affiche du festival: une évidence.
Une enfance entre horizon et imaginaire
Chez Soline Garry, tout commence loin du sol. Littéralement.
Elle grandit sur un voilier, au milieu de l’horizon, du vent, des ciels étoilés et de la mer. Un monde ouvert, mouvant, sans frontière nette — qui laissera une empreinte durable dans son regard.
Très tôt, elle dessine. Avec son père, puis aux côtés du peintre et graveur Roland Sénéca. Le geste s’affine, mais surtout, quelque chose se creuse : une relation profonde à l’image comme espace de récit. Car chez elle, le dessin n’est jamais décoratif. Il raconte.
Le détour par la musique (et le retour du dessin)
Curieusement -l'amour, peut-être?- elle s’éloigne un temps du dessin et pendant quinze ans, elle travaille dans le monde de la musique : production, programmation, accompagnement d’artistes.
Puis — comme souvent dans les vraies trajectoires artistiques — quelque chose revient.
Le dessin redevient une nécessité. Pas un hobby, pas une pratique : une nécessité.
Et c’est là que son œuvre commence vraiment.
Une œuvre à l’encre : entre mythologie et inconscient
Depuis, Soline Garry développe un travail très reconnaissable : des encres acryliques, souvent en noir et blanc, où surgissent des figures hybrides, des corps en transformation, des arbres habités, des créatures anciennes.

Elle puise dans : les mythes, les récits fondateurs, la mémoire collective, les rêves et ce qu’on pourrait appeler un "inconscient partagé".
Elle le dit elle-même : son travail s’inspire de ce temps où « dieux, humains, nature et animaux dialoguaient encore ».
Ses dessins ne sont pas figés. Ils semblent en train de se transformer sous nos yeux. Comme si quelque chose continuait de vivre à l’intérieur.
Illustrations, livres jeunesse, affiches, pochettes… Son trait circule là où il y a du récit à faire passer. (Elle a notamment apporté sa patte à mon livre: Voyages, Dieux et Rêves, paru aux éditions Terre Noire — une collaboration évidente, tant nos univers se répondent)
Choisir Soline Garry, ce n’est pas choisir une illustratrice pour “habiller” une programmation.
C’est inviter une artiste qui travaille au même endroit que les conteuses : là où les récits anciens continuent de circuler, de muter, de nous traverser.
J'espère bien que son univers vous plaira, à vous aussi!



Commentaires